Le Grand Détour

En route pour fjordland – Crossing over to fjordland

Download PDF

france_french_flag [28 février 2016]

Avant toute chose, avant les Maoris, avant les paysages magnifiques de montagnes et de volcans, avant le rugby et les All Blacks, avant le seigneur des anneaux, avant l’histoire des colons, avant les kiwis, s’il y a une chose qui caractérise la Nouvelle-Zélande, c’est bien les moutons ! En tous cas c’est ce que nous nous disons en sillonnant ces successions infinies de champs parsemés de points blancs. Et ce n’est pas qu’une impression vu que lors du recensement de 2015, le pays comptait plus de 29 millions de moutons, soit six fois plus que d’humains ! Et pourtant l’industrie est en déclin depuis une trentaine d’année lorsque la Nouvelle-Zélande en comptait plus de 70 millions. Ça fait quand même une sacré progression depuis que James Cook a introduit le premier mouton en 1763. Pour rester dans le sujet et animer un peu le trajet sur la route, nos recherches nous montrent qu’en termes de moutons c’est l’Australie qui dépasse largement la Nouvelle-Zélande avec apparemment plus de 120 millions de moutons. Ça en fait du méthane et des chaussette en laine 😉 Bref nous traversons la Nouvelle-Zélande, depuis Dunedin que nous avons quitté ce matin vers le pays de Fjord et le petit village de Manapouri.

Kelley, notre hôte AirBnB n’était pas là lorsque nous sommes partis ce matin mais, comme de nombreux invités avant nous, nous avons contribué à son mur de souvenirs en prenant une photo polaroid avec son appareil, selon les indications qu’elle avait laissées. Le Grand Détour est maintenant affiché sur un mur de Nouvelle-Zélande avec nos trombines souriantes. Et elles ont de quoi sourire vu le temps de malade qu’il fait ce matin et le paysage de collines dont nous ne nous lassons pas.

Nous laissons Kelley et son bus derrière nous tandis que nous prenons la route vers le Sud, d’abord en direction d’Invercargill puis de Milford Sound. Encore une fois il fait un soleil bleu totalement limpide mais le vent souffle en bourrasques énormes qui nous font faire des embardées à faire dresser les cheveux sur la tête.

De fermes en moutons, de collines en vaches, nous avalons les kilomètres à 100km/h maximum avant d’avoir une grosse envie d’avaler quelque chose à manger. Nous nous arrêtons pour cela dans une petite ville où nous achetons deux sandwichs et une part de gâteau à la carotte. Mais le lieu ne nous inspire pas trop, nous décidons de repartir un peu plus loin.

Un peu plus loin ce sera au milieu de nulle de part et plus exactement garé sous un arbre, à deux pas d’un musée de l’aviation. Pourquoi pas ? En tous cas nous savourons cet arrêt pique-nique tandis que le vent continue de rugir tant et plus. Le musée de l’aviation est fortuit mais c’est bien pour y jeter un œil que nous nous sommes arrêtés à côté. Si tôt dit, si tôt fait. Il s’agit d’un petit musée ou plutôt d’un grand hangar qui abrite une vingtaines d’appareils témoins de l’histoire de l’aviation en Nouvelle-Zélande. Pour ceux qui ne le sauraient pas, j’ai chopé le virus de l’aviation il y a de cela bien longtemps avec une license de pilote en poche décrochée en Afrique du Sud et repassée en Angleterre, sur des Cessna, des Pipers et des Slingsby… License expirée malheureusement aujourd’hui mais le pilote qui sommeille en moi n’a jamais vraiment raccroché alors pensez-vous, ce hangar m’a donné quelques frissons ! L’histoire de l’aviation néo-zélandaise n’est pas très connue mais elle n’en est pas moins fascinante, grâces à des hommes, des femmes et des pilotes intrépides comme Will Scotland qui a réalisé le premier vol d’une ville à une autre en 1914 après quarante minutes de vol en reliant Invercargill à Gore. Pour chaque avion du musée, tous étant en état de voler, il y a une histoire comme celle-ci retraçant plus de 100 ans d’aviation. Des De Havilland Tiger Moth, des planeurs, des avions postaux jusqu’aux avions de combats aujourd’hui interdits de vol. Et l’histoire de ce gars apparemment allergique à la paperasse administrative qui a construit lui-même et fait voler pas moins de 4 appareils avant de rentrer dans la légalité. Bref nous passons un très bon moment parmi ces biplans, ces zingues et tous ces coucous qui ont permis à l’Homme de s’envoler.

Nous repartons à travers les immensités moutonneuses mais déjà les collines s’élèvent et les montagnes se dressent sur l’horizon. Le pays des fjords n’est plus très loin ! Pour cette dernière partie c’est Susie qui prend le volant et ça fait du bien…

Nous finissons par arriver à Manapouri où nous découvrons avec des oh et des ah le deuxième plus grand lac du pays et à en croire les guides et brochures, le plus joli, cerné de gigantesques montagnes. C’est parmi ces pentes, ces pics et ces sommets que sillonnent quelques unes des « Neuf grandes randonnées de Nouvelles-Zélande » comme la Kepler Track, la Routeburn track ou encore la plus populaire, la Milford Track. Malheureusement nous ne pourrons pas nous lancer à l’assaut de celles-ci… Non pas à cause du temps ou du budget nécessaire mais parce que tout est complet… Notamment les chalets et refuges, points d’arrêts obligatoires.

Petit interlude organisation : si vous souhaitez visiter la Nouvelle-Zélande en été, ce qui est une super période pour cela, un conseil, prenez un peu le temps de préparer votre séjour et de réserver vos hébergements, surtout dans cette région… Croyez-nous, sinon c’est l’horreur pour trouver un logement à un prix raisonnable, voire pour réserver une place en refuge ou une croisière dans le Fjord. Nous faisons quelques peu les frais de ce manque de préparation, frais qui compliquent grandement nos plans et notre organisation, que ce soit au niveau des activités ou des hôtels, y compris sur les options AirBnB ou Couchsurfing. Il faut dire que nous sommes à deux pas de certains paysages parmi les plus beaux du monde alors forcément ça attire le chaland 😉 D’ailleurs les commerces locaux l’ont bien compris en pratiquant des tarifs indécents. Enfin bon, préparez-vous, vous gagnerez des sous et du temps !

De notre côté nous arrivons dans notre motel, dans notre cottage « supérieur » avec une vue imprenable sur le lac. C’est top ! D’ailleurs nous ne perdons pas de temps pour nous changer (mis à part une sieste de 18 minutes chrono), mettre les maillots de bain et prendre la direction du lac. Non, le vent n’a pas faibli et cela tient peut-être de l’inconscience de vouloir se baigner avec un temps et une température pareil mais après avoir joué les poules mouillées hier, nous devons flatter un peu notre ego. Raisonnable ou pas, se baigner dans ce lac est tout de même une bénédiction alors on ne va pas chouiner pour une eau à 13 petit degrés, hein ? Toujours est-il qu’elle est froide cette eau, très froide même, de telle sorte que mon appareil trois pièces a tôt fait d’adopter la configuration « raisins secs et vermicelle » mais je n’ai pas vraiment le temps de m’inquiéter de cela car rapidement je ne sens plus mon corps… Je commence même à trouver qu’elle est bonne, c’est bizarre, non ? A moins que je frise l’hypothermie. Frigorifiés et fiers de notre connerie nous piquons un fou-rire nerveux tandis que Susie se blottie contre moi pour essayer de piquer ma chaleur corporelle. Et elle ne trouve qu’un glaçon ! Nous nous décidons bien vite à sortir de l’eau, couleurs poulets surgelés. On l’a fait en tous cas !

Après avoir remis quelques couches nous partons le long de la Frasers Beach pour une petite demi-heure de marche. Vers la fin il commence à pleuvoir. Nous parvenons au bout de la route où se tiennent les 3 commerces du village, une petite épicerie-snack et un restaurant. Il est temps de retourner au chaud dans notre motel avant de penser au repas du soir.

Nous mettons au point le programme du lendemain : petite marche de 3 heures trente entre 11h et 15h puis nous prendrons la voiture pour rejoindre le lac Te Anau, soit pour une nouvelle marche, soit pour nous balader dans cette petite ville où nous aurions bien aimé séjourner si nous avions eu le choix.

Le repas du soir sera décevant, lui avec un curry indigne de ses 29 dollars par personne, notre repas le plus cher jusqu’à là. Bref, nous ferons mieux demain. En attendant nous allons faire un bon dodo avec le bruit de la pluie pour bercer nos rêves de fjords. Bonne nuit !

 

english_flag [28th February 2016]

Today we drove from Dunedin cutting the bottom off the Southern island until we arrived late afternoon in a little village called Manapouri. But before leaving Kelley’s place we follow the tradition of the guests that have stayed more than one night and we take a polaroid photo of ourselves for the kitchen wall. Inspired we make a frame based on our blog logo (www.legranddetour.fr) and we stick ourselves at the top of the photo wall. Kelley’ll have to get a step ladder to pull us down ^_-

The sun is shining and it’s another beautiful day but our drive is accompanied by a ferocious wind that makes it hard work to keep the car going in a straight line as we start out on our 300km journey (at 100km/h max.).

We stop in a small town and decide to buy some sandwiches and head further on to find a nicer picnic spot. Our choice ultimately falls on the car park of an aviation museum (which we had already spotted in the guidebook but that I had thought wasn’t on our route…great navigational skills once again!?!). It being too windy to eat outside we pull up under the shade of a tree before devouring our sandwiches and shared slice of carrot cake…they do make good carrot cakes out here!!

The woman at the desk of the museum was also in charge of the radio on the airfield and gave us some explanations about some of the aircraft before we went inside (she even charged us cheaper rates when she discovered that Stéphane was an ex-pilot*). The museum was basically a huge hangar containing about 20 different airplanes from throughout the history of aviation in New Zealand. We learnt about key players in New Zealand’s aviational history, for example, a man called Will Scotland who was the first man to fly from one town to another in New Zealand. There was even a plane here that they’d built in the workshops on the airfield that was based on the designs of one of the first aircraft flown in New Zealand. The woman explained to us that they did manage to get it airborne but not for long…and that it’s impossible to steer! Another plane is in the process of being rebuilt…it’s fascinating seeing how they are doing it — there are wires and wood everywhere…very little of the “original” plane is actually reused! Finally there is one plane there that was built by a New Zealander who didn’t like paperwork. He apparently used to build planes in his shed and then fly them until he’d get caught by the authorities who wanted him to register them…then he’d just sell it on and built another one in secret in his shed!!

After our tour we stepped outside where there was a steam train that has been restored having been fished out of a nearby river where it had been purposely abandoned at the end of the steam era in order to protect the railway bridge that crossed the river. We weren’t really sure how it would protect the bridge though…maybe being unstream and stopping debris carried by the river smacking into the bridge’s supports….maybe?

Our roadtrip then carried on, through the green hills covered in little white dots. Well, we knew before we arrived that New Zealand has a lot of sheep, most of the lamb that you can buy in the UK is imported from New Zealand…and there’s the film Black Sheep. Have you seen the film? I highly recommend it if you like zombie films and can comprehend sheep driving Land Rovers. ^_^.

Anyway, back to the real sheep. After a quick Internet search we discover that there were nearly 29 million sheep in New Zealand in 2015 (down from more than 70 million in the 90s). This means that there are still nearly 6 sheep for each human in the country. We also discover that Australia rules in the sheep contest with more than 120 million!! Wow!

As we get closer to our destination the rolling green hills turn into mountains and Stéphane lets me take over the driving. This region is one of the most breath-taking and popular regions of New Zealand. There are several of the 9 Great Walks here and unfortunately it was too late for us to do any of these as there were no beds available in the huts when we started looking…most of them last three to five days and so you have to stay in the official overnight accommodation on the walk. Currently you have to book 9 months in advance for the Milford Sound walk!!!

Our accommodation is next to Lake Manipouri (as we booked too late to have anything slightly reasonable in either Te Anau or Milford Sound) and our “superior” cottage has a view over the lake to the mountains beyond which Doubtful Sounds hides.

We have a quick power nap before putting our swimming costumes on under our clothes and heading across the road to the lakeside. Despite the freezing wind blowing so hard that there are waves on the lake surface, we still want to try to swim a bit (we can’t repeat yesterday’s show of cowardice).

The water is cold. Really cold. So is the wind. We don’t stay long and are quickly shivering on the pebble beach as we try to dry off and get dressed in record time. It’s too cold to be shy and there is hardly anyone within eyeshot so I opt for efficiency rather than hiding my bits!!

Once dressed we carry on with our explorations and head down Fraser’s Beach until it starts raining quite hard at which point we head back up the main road, past the three commerce in the town, to our hotel.

We opt to have dinner at one of the restaurants/pubs that we passed and are incredibly disappointed by the $29 curry dishes that we opted for. Clearly not freshly cooked and really not tasty.

Tomorrow, we decide, we’ll head into Te Anau for dinner as there should be more choice there.

*For those of you who didn’t know, he learnt how to fly whilst living in Cape Town and then carried it on when he moved to the UK…he even did loop the loops in the UK…crazy man ^_^!!

3 reflexions sur “En route pour fjordland – Crossing over to fjordland

  1. Chantal CAVAGNÉ

    Coucou, Félicitation pour la poursuite du blog, ce ne dois pas être facile de conjuguer le descriptif des derniers jours et le retour en France après tout ce temps, mais peut-être que cela vous permet un atterrissage en douceur? En tous cas pour moi l’aventure Nouvelle Zélande est passionnante. Merci A bientôt

    1. Steph Auteur de l'article

      Bonjour Chantal ! Merci pour ton commentaire, tu nous manquais 😉
      Oui, finir d’écrire nos aventures sur le blog nous permet de prolonger un peu le plaisir et accessoirement trier nos dernières photos et mettre nos notes au propre pour un atterrissage en douceur. Quand je pense qu’il nous reste une vingtaine de jour à raconter, on a encore un peu de boulot !
      A bientôt !
      Stéphane