Le Grand Détour

Rando du lac Manapouri et Te Anau – Lake Manapouri trek and Te Anau

Download PDF

france_french_flag [29 février 2016]
En cette journée calendaire un peu spéciale (le 29 février !) nous avons décidé de nous offrir une super randonnée pour enfin découvrir le pays des fjords néo-zélandais. Le site du Department of Conservation (DOC) où l’on trouve toutes les infos rando du pays donne une estimation de 3h à 3h30 pour compléter la « Circle track », cette balade qui surplombe le lac Manapouri de l’autre côté du motel. Et comme les choses sont bien faites, il y a même un « service » de taxi boat local qui permet de traverser le bras de rivière pour atteindre le départ. Le « service » en question s’appelle Mike, comme nous l’explique le gars qui tient l’épicerie, et à plus de 65 ans on peut dire qu’il ne perd pas le nord en business Mike, puisqu’il demande 20 dollars par personne pour une traversée qui dure littéralement moins de 30 secondes… et avec un horaire fixe : il nous emmène à 11h et revient nous chercher à 15h. Mais pas question de s’exciter pour ça car nous sommes bien motivés pour profiter de notre rando, d’autant plus qu’il fait plutôt beau aujourd’hui, ce qui n’est pas rien au pays des fjords, nous a-t-on dit. Beau certes, mais froid ! Avec un petit 8 degrés autant dire que nous avons mis toutes nos couches possibles même si nous nous réchaufferons au cours de la montée.

Nous partageons le bateau avec deux filles russes qui vont passer la nuit dans un refuge et un autre couple également parti pour la Circle track. Il ne s’agit pas de faire la fine bouche mais nous espérons secrètement que nous n’allons pas avoir à marcher pendant 3 heures à leur côté. Ce n’est pas qu’on tienne absolument à être seuls mais les quelques instants que nous avons passés avec eux ne nous ont pas laisser un goût de revenez-y… Heureusement tout ira bien puisqu’après les 15 premières minutes de marche qui longent le lac nous aurons la possibilité de partir chacun de notre côté de la boucle. Et tandis qu’ils choisiront de commencer par le plat nous optons pour partir directement sur la montée.

Cette fois nous voilà seuls, à travers cette forêt qui ne ressemble à aucune autre que nous avons traversée jusqu’à là. Toute la végétation est couverte d’une épaisse mousse verte, jusqu’au sol qui forme un tapis spongieux sous nos pas. C’est d’une beauté hypnotisante. Les branchages pendent comme des toiles d’araignées géantes et bientôt nous avons vraiment l’impression de traverser une somptueuse forêt hantée. Il règne un silence étrange brisé seulement par quelques pépiements d’oiseaux tout là-haut. Mais il n’y a rien à craindre ici.

La forêt du fjord

Sous l’épais tapis de mousse

Le squish de nos pas

Tandis que la pente s’accentue, nous traversons de nombreux passages boueux où nous devons nous montrer créatifs pour passer sans nous embourber. Ça monte, ça monte. A un moment donné, je me fige en pleine ascension : un petit oiseau gris et blanc s’est posé juste à côté de moi. Je ne veux pas l’effrayer. Je me retourne vers Susie pour lui dire de ne pas parler en lui montrant l’oiseau. Nous sommes là, tous les trois, à nous observer, aussi curieux les uns que les autres. Lentement je sors mon appareil. Je ne veux pas l’effrayer, convaincu qu’il va s’envoler d’une seconde à l’autre. Mais il reste là, peu farouche, pour notre plus grand plaisir. C’est toujours un beau moment de nature de se retrouver nez à nez avec un oiseau qui ne s’enfuit pas dans la seconde.

Ça monte, ça monte encore. Nous enlevons une à une toutes nos couches. Il y a des nuages mais le soleil pointe le bout de son nez de temps en temps pour accompagner notre ascension.

Après près d’1h30 de montée, nous finissons par atteindre le sommet de la colline, en débouchant sur un somptueux point de vue sur les montagnes et sur le lac. Effet Waouh de la journée sans conteste. Nous surplombons littéralement le paysage, debout sur une couche de mousse qui s’avance au-dessus du vide.

C’est le moment de nous restaurer. Tandis que nous poursuivons notre marche sur la crête à la recherche de l’emplacement parfait, nous croisons un sympathique couple d’américains qui finissent justement de déjeuner sur un tronc d’arbre face au lac et nous proposent de nous laisser leur place. Il doivent avoir dans les 70 ans mais semblent avoir bon pied bon œil, notamment pour arriver jusqu’à là. Il faut dire qu’ils sont bien équipés avec leurs bâtons de marche et tout l’attirail du parfait randonneur. Ils nous expliquent en effet qu’ils font beaucoup de randonnées à travers le monde. Mais aujourd’hui ils ont réussi à se perdre sur la montée en suivant deux jeunes français qui eux-mêmes s’étaient perdus sans le savoir ! Nous les saluons en leur souhaitant bon courage pour la descente. De notre côté nous avons trouvé la randonnée plutôt bien balisée jusqu’à là. Bon. Aller, il se fait faim, fais péter les chips et les sandwichs !

Nous sommes là, blottis l’un contre l’autre, à mastiquer notre déjeuner, en laissant notre regard profiter du panorama… Et devinez qui vient se joindre à nous ? Notre ami l’oiseau gris et blanc de tout à l’heure ! Oui, il est là et lui semble bien plus attentif aux éventuelles miettes que nous laissons échapper plutôt qu’au paysage. C’est pour ça qu’il n’était pas farouche, il attendait la bouffe le coquin !

Bientôt il est temps de repartir. Enfin, après quelques photos supplémentaires, of course.

Un petit regard sur la montre nous inquiète un peu : à en croire la carte nous n’avons pas encore fait la moitié de la randonnée et il reste à peine deux heures pour rejoindre le bateau. Ah. Il va donc falloir mettre un peu le turbo pour ne pas rester coincé de ce côté du lac. C’est parti !

Heureusement la descente de côté-là est plus douce que la première montée. Ça ne m’empêche pas d’éprouver des douleurs dans la cheville droite et le fait de se dépêcher n’arrange pas les choses. Ça m’est arrivé quelques fois, notamment à Uluru en Australie. Espérons que ça passera rapidement. En tous cas l’environnement est toujours magnifique, voir plus qu’à la montée puisque nous faisons maintenant face au lac à travers les arbres à mesure que nous descendons. Tiens d’ailleurs sur la nous trouvons un gant que Susie ramasse… Il s’avérera qu’il appartient au couple d’américain très heureux de le retrouver. Sur la descente nous croisons le couple qui fait la randonnée dans l’autre sens. Nous les saluons, tout en nous disant qu’ils risquent de manquer le bateau…

Nous finissons par regagner le petit embarcadère 3 minutes avant le départ de Mike, ouf ! Et ça fait pourtant 4 heures que nous marchons d’une bonne allure, même si nous avons pris 15 minutes de pause au déjeuner… Pour le coup l’estimation du DOC était bien en-dessous de la réalité alors que d’habitude c’est plutôt le contraire. Enfin, tout va bien.

Mike nous balade un peu sur l’eau au lieu de rejoindre directement l’autre rive, tandis que nous discutons quelques minutes avec le couple américain. Ils nous racontent à quel point ils détestent Donald Trump, voire ils s’excusent qu’il soit aussi visible…

Les nuages sont maintenant partis et le soleil brille, tout comme nous, ravis de notre balade sylvestre. Et dire que la journée n’est pas terminée !

Le temps de revenir à pied vers le motel et de sauter dans la voiture, direction le lac Te Anau à quelques 20 minutes d’ici.

Sur la route nous découvrons encore un peu plus les belles montagnes du fjord. Bientôt nous atteignons les rives du lac Te Anau, le plus grand lac de l’île du sud et le plus grand lac d’Australasie en volume d’eau.

La petite ville et le lac de Te Anau offrent de nombreuses opportunités touristiques. L’une d’elles est un sanctuaire d’oiseaux où nous pouvons approcher de près l’un des derniers 200 Takahe du monde, cet oiseau préhistorique extrêmement rare en voie d’extinction, qui ressemble à une poule avec un gros bec rouge. A ceux-ci s’ajoutent des canards endémiques et des perroquets bien agités mais peu loquaces.

De retour en ville nous en profitons pour aller voir le film « Shadowland » au Fjordcinema. Il s’agit d’une superbe expérience cinématographique de découverte de la région des fjords, sans dialogue, juste les images et la musique, réalisée par une équipe ayant oeuvré sur le seigneur des anneaux de Peter Jackson et un pilote d’hélicoptère local. Le résultat est époustouflant et nous découvrons de nombreux aspects des fjords que nous ne verrons jamais, en tous cas pas durant ces vacances. Waouh. Cascades, à pic, îles au large des fjords, forêts, falaises… de merveilleuses images qui nous donnent encore plus envie d’être à demain pour notre visite à Milford Sound 😉

En sortant du film nous faisons un petit tour pour acheter des souvenirs pour mes filleuls et de quoi manger demain matin. Nous dînons ensuite dans un restaurant italien mais nous sommes un peu déçus par nos spaghettis. Au moins ils nous donneront l’énergie nécessaire lorsque nous prendrons la route à 5 heures demain matin puis les kayaks à 8h30… Nous repartons vers Manapouri, avec un petit détour pour acheter une tablette de chocolat pour bibi 😉

Le coucher de soleil sur les montagnes et le lac est superbe mais les photos ont du mal à lui rendre justice depuis la route. Encore une superbe journée en Nouvelle-Zélande. Vivement demain !

english_flag [29th February 2016]

Our aim this morning was to be at the Manapouri marina for 11am to meet “Mike” and go across to the Circle walk in his boat. The fare for the crossing is $20 return which seemed a little steep for a two-minute boat trip, but it was our only option (apart from hiring a rowing boat for the day and, seeing as we don’t know where anything is here, seemed a little risky and costs $50 per day).

So, lazy morning, big breakfast in the café of the motel (Stéph opted for the French toast…think he’s homesick ^_- ). It was pretty good and my “mini-breakfast” was good value for money…although I should’ve drank more coffee!!

Having dressed warm…two jumpers, one t-shirt and one waterproof coat each (plus optional scarves in our bags)…and with our picnic and cameras tidied into our backpacks we were ready for the off.  We’d decided to walk down to the marina, which is about 20 minutes from our motel…good idea when you set off, not so good on the way back as it’s both uphill and we’d already spent four hours trekking!!

Once at the marina we found Mike and signed up for his crossing along with a couple of Russian girls who were staying overnight in the hut out there and two other slightly older couples. The boat is only big enough for Mike and five other people though and so we headed out with one other couple leaving the Russians and another couple on the shore.

The wood was lovely. Cool and lush green vegetation everywhere. The circle walk is said to last between three and four hours and you can, I guess pretty obviously, either do it clockwise or anti-clockwise. The clockwise route has the steep uphill bits at the start and the other way, again obviously, has the steep downhill bit at the end. Thankfully the other couple decided to go anti-clockwise and so we headed off the other way so as not to have to follow someone else!

This forest is unlike any that we’ve seen so far in New Zealand. The green moss that covers every available surface is also underfoot, making each step bouncy and giving us a little something to giggle about in the first part of the walk. Further along the trees start to get covered in long, cobwebby moss…giving it a slightly haunted feel and the sunshine can no longer reach us through the dense forest…a cool wind blows adding to the eery sensation.

On we go though and now to the steep bit, as promised! I struggled to get up some of the climbs and regretted not having walking sticks, but slowly and surely I made it to the top. Halfway up one of the climbs we had a lovely Bambi moment when a little grey bird was singing overhead before coming down to our level. We slowly took out our cameras, but with the density of the forest the photos didn’t come out very well…for our eyes only. This little bird followed us for a bit, stopping on branches at head-height to check us out before flying off again as the rays of sunshine broke through the forest canapé.

Once we got to the very top (after two false alerts!) there was a sign to the viewpoint and so we headed there to have our lunch before heading back down the other side. Disappointed I spotted a couple already sitting on a branch tucking into their picnic…must be the other couple and they’re already in place! It wasn’t them though. It was a fairly elderly couple from Wisconsin, USA. They told us that they’d followed a couple of French men from the boat this morning and had all got lost together — it taking them much longer than it should have to arrive here at the top. They seem to be avid ramblers though, telling us about their 10 hour treks in Germany (where they also got lost and ended up walking for 12 hours!).

They were just finishing their lunch and so we nicked their still-warm spot in order to eat our sandwiches and stare out at the view. The little grey bird even came back to keep us company and this time we managed to get a couple of decent photos of him before he flew off, disgusted with us for not sharing our lunch with him!

After lunch, and now shivering due to the cold wind, we headed down the long path…it was going to be tight to get back for the boat at 3pm according to the times displayed on the sign at the top!! On our way down we crossed the other couple from our boat who said that it was also pretty boggy down the bottom of this path too. Oh well, that’s part of trekking!!

As we started striding down the hill Stéphane spotted a black glove. It looked clean and like it had just been dropped and so I picked it up, thinking that it could belong to the American couple and at worst, we could give it to Mike on the boat just in case someone came back for it. In any case it’s not good to leave it here littering the forest floor.

At the bottom of the hill the path follows the shoreline of the lake and on one of the little beaches we caught up with the Americans. The glove did belong to him…hurray! Happy ending, we were both pretty chuffed!!

By now though, we realised that we were probably going to miss our boat back across and really started accelerating. We overtook the Americans and, as we neared the little wooden pier, we heard the boat’s engine start up and saw it passing with just one couple aboard…damn!

Once at the pier though there was a group of five French people waiting. They explained that as there were five of them Mike said that he would come back and take all of them rather than filling the first boat up and leaving space in the second one. Mike’s pretty old and I’m not sure that his logic is really very good!! But he does run a monopoly and so what he says goes!!

So we waited and by the time Mike came back for us with an empty boat, the American couple had arrived. They clambered aboard just as the other couple from this morning arrived too. The man asked if there was space for them aboard and got totally ignored by Mike… “I guess that’s a No” I joked as we pulled away.

Once back on mainland we quickly headed back to our motel where we jumped into the car and headed straight to Te Anau. Stéphane spotted a sign for the Bird Centre and so we headed there where we saw some prehistoric and nearly extinct birds called Takahe (population estimated in 1999 at 200 birds). They are funny looking things and there are only three in the centre. Their extinction (or near-extinction) has been caused by the introduction of mammals into New Zealand. These mammals either eat the eggs or the young chicks or simply compete for the same food.

In Te Anau there is a cinema that plays a film, sorry, “experience” called Shadowland. It’s all about the Fjordland area of New Zealand with some stunning helicopter shots of the Sounds, mountains, waterfalls, etc. It lasts about an hour and on the way out we looked at the price of the helicopter trips around the region. Far too expensive to be reasonable! At least, this way, we’ve seen what a lot of it looks like!

After a quick shopping spree for postcards, little pressies for Stéphane’s godchildren and stuff for tomorrow’s breakfast we headed to a nice looking Italian restaurant for some dinner. Which wasn’t as good as it looked, unfortunately. But we shovelled the dry pasta into our mouths as we’re going to need energy for tomorrow (kayaking at stupid-o’clock on the Milford Sounds which is more than two hours’ drive from our hotel!).

So we headed back to the motel where we showered, backed up photos (in case of water disaster tomorrow morning) and wrote up our notes from today.

Early start tomorrow…less than 7h sleep. Goodnight!

2 reflexions sur “Rando du lac Manapouri et Te Anau – Lake Manapouri trek and Te Anau