Le Grand Détour

Beijing : foule, démesure et contrastes (2/3)

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Jour 2 – Second day

france_french_flag Comme la cité interdite est fermée en ce lundi matin, nous décidons de visiter le temple dit des Lamas, ou la lamasserie, qui incarnait jusqu’aux tensions avec le Tibet, un haut lieu de communion spirituelle bouddhique entre le pouvoir impérial chinois et le bouddhisme tibétain. Nous découvrons ainsi de plus près nos premiers temples chinois, à travers un impressionant ensemble de palais et lieux sacrés renfermant de grandioses statutes et trésors consacrés au bouddhisme tibétain ou lamaïsme. Pour en comprendre un peu plus le sens, nous avons pris un audioguide mais le bouddhisme reste pour nous une religion très complexe, avec ses différentes sectes et écoles, les grands et petits véhicules, ses innombrables saints et personnages historiques ou mythologiques importants. Autant d’éléments que l’on n’a pas vus au catéchisme chez nous 😉 Je me dis qu’il faudrait que j’en apprenne un peu plus sur le sujet pour ne pas être trop largué par la suite. Je découvre ainsi qu’il existe un « Panchenlama », qui dispose du même statut religieux que le Dalaïlama, et ces deux incarnations vivantes de Bouddha se sont assis dans ce temple, qui conserve précieusement les sièges où se sont posés les divins séants.
Nous détaillons aussi l’architecture de ces batisses de bois dont le style est relativement différent des temples japonais, notamment dans leur décoration et leurs peintures qui recouvrent l’intégralité des murs, des plafonds et des poutres. Il en ressort un aspect d’ensemble très coloré. Peu de bâtiments sont réellement ouverts pour y pénêtrer mais parmi eux, il y a celui qui abrite une gigantesque statue, inscrite au Guiness book des records comme la plus grande statue en bois de Bouddha d’un seul morceau : un colosse doré de 18 mètres de haut visible et 8 mètres en sous-sol, le tout taillé dans un seul et même tronc. Au passage on se demande ce qu’il en est de la statue du Todai-ji à Nara au Japon avec ses 14,6m de haut et qui était supposée être la plus grand sculpture en bois du monde… A voir. En tous cas ce Bouddha est certainement énorme et tout à fait propre à inspirer et renforcer la foi des croyants. Et ils sont très nombreux ici : dans chaque pièce nous voyons des dizaines de personnes faire la queue pour se prosterner, à genoux ou sur le ventre et prier avec ferveur, au milieu des fumées d’encens qui remplissent toute la lamasserie.

Dire qu’il y a la foule est un doux euphémisme, évidemment. Et bien que dévoués à Bouddha dans le respect de la prière et des valeurs bouddhiques, les milliers de gens qui nous accompagnent sont loins d’être courtois. Ici c’est chacun pour soi, quitte à forcer le passage et de manière souvent désagréable, sans aucune considération pour l’autre. Attention, il ne s’agit pas d’un comportement particulier à notre égard : c’est partout comme ça et pour tout le monde et tous s’en accommodent… Sauf nous pour le moment, peu habitués à des manières si rustres après le Japon. C’est le cas dans le métro par exemple, où le concept de « laisser descendre avant de monter » est totalement inconnu. Et même lorsque cela paraît évident d’un point de vue pratique, quand la rame est bondée et que beaucoup de gens veulent sortir, ceux sur le quais tentent quand même de forcer et de monter. Ca devient vite le bazar mais le plus étonnant c’est que personne ne s’en offusque. Personne ne s’énerve ou se plaint. C’est juste normal ! A moins qu’un service d’ordre soit présent pour réguler la foule, les files d’attentes aux guichets se transforment rapidement en n’importe quoi où par dizaines les gens forcent le passage en tendant leur argent à la guichetière. C’est encore la même chose dans les espaces restreints des temples où les gens se pressent comme des traders à la bourse de Shanghai avec leurs téléphones portables et leurs perches à selfies pour tenter d’apercevoir quelque chose à l’intérieur. Nous essayons de rester zen mais nous, ça nous agace. Du coup on renonce à « regarder » certains endroits. Malgré tout nous sommes contents d’avoir pu visiter ce monument après notre « échec » de la cité interdite d’hier.

Pour compléter sur les aspects les mois plaisants dont nous sommes témoins, il faudait parler des odeurs nauséabondes qui arrivent par vagues dans la rue ou encore des comportements relativement choquants pour nous de la part des pékinois, pour qui l’impudeur ou le sans-gêne atteignent une dimension « particulière ». Plusieurs fois nous voyons des mamans changer les couches de leurs enfants par terre devant tout le monde, y compris dans la cité interdite ou dans les temples (!), sans rien dissimuler du spectacle, nous avons vu des dames uriner dans le parc à 2 mètres de la foule, des hommes déféquer dans la rue le soir… Pas vraiment le genre de choses qui ravissent les pupilles. Et oui, je pourrais ne pas parler de ça. Mais d’abord je fais ce que je veux et d’un autre côté il en faut pas se voiler la face, il y a des tas d’aspects sales dans cette ville et chez une certaines frange de la population. Ca ne remet en rien en cause d’autres aspects extraordinaires du pays ou de ses habitants mais voilà, ces choses existent aussi. Par contre, paradoxalement, le métro est super-clean. Vraiment. Bien plus propre que celui de Paris, qui, de notre expérience, se distingue comme l’un des métros et RER les plus sales du monde, si ce n’est LE plus sale. Oh que oui ! Chewing-gum partout, moisissures sur les murs, rats sur les voies. Sans oublier les clodos qui pissent partout et qui puent et les mendiants tous les 10 mètres. C’est aussi une réalité de Paris qu’il faut accepter et que nous subissons quotidiennement depuis 10 ans. Donc non, Beijing n’a pas le monopole de la saleté. Bref, passons.

Pour le midi nous trouvons un restaurant végétalien (!) dans un des Hutongs. Un peu bobo, ce restaurant d’inspiration européenne nous offre cependant un bon moment de calme, une respiration, une pause bien méritée, avec des plats délicieux et un soupçon d’amabilité de la part du personnel que nous apprécions.

Pour l’après-midi, nous décidons de nous « évader » au nord-est de Beijing pour découvrir le palais d’été, caprice dispendieux de l’une des impératrices qui domine un gigantesque lac. Bien évidemment il y a la foule, encore et toujours mais comme il s’agit d’un énorme parc boisé avec de nombreux bâtiments, temples ou monuments, nous y trouvons un peu plus de sérénité.
Nous commençons à le comprendre, la Chine est le pays de la démesure. Et en la matière, les familles impériales savent bien entendu y faire ! Que dire de ce bateau entièrement en marbre (et qui flotte !) où l’impératrice aimait prendre son thé ? Ou encore cette succession de palais à flanc de colline ? Ou ce couloir couvert de 780 mètres de long où chaque centimètre carré est peint et décoré de motifs tous différents ? Sur le lacs des pédalos et autres embarcations voguent, semble-t-il par centaines, et se perdent dans la brume… D’ailleurs arrêtons-nous quelques instants sur temps qu’il fait. Nous avons beaucoup de chance, il fait 26°, pas de pluie. Mais ici à Beijing, point de ciel bleu. La ville toute entière se fond dans un nuage de pollution que nous sentons lorsque nous respirons et que nous voyons dans nos mouchoirs. De nombreuses personnes portent des masques dans la rue. Nous avons l’impression d’avoir les yeux qui piquent à la fin de la journée. Est-ce pour cela que les habitants toussent, se raclent la gorgent et crachent si souvent ? Cependant cet après-midi au palais d’été fut agréable, même si nous n’avons pas eu le temps de tout voir ou de tout faire. Il faudrait quasiment y passer la journée !

Le soir nous choisissons de déguster LA spécialité de Beijing, à savoir le canard laqué à la pékinoise, dans un restaurant avec de bonnes critiques sur Trip Advisor. Nous nous sommes régalés mais tout compte fait, ce plat ne diffèrait pas tellement de celui que nous dégustions en Angleterre, à Newbury, dans un bon restaurant chinois près de chez nous, avec ses petites crèpes à préparer soi-même, farcies de canard avec sa peau, des concombres, de la ciboule et la fameuse sauce sucrée. Mais on pourra dire qu’on aura mangé du canard lacqué à Pekin 🙂 Ca ne m’a pas empêché d’acheter une petite friandise locale en rentrant le soir…

J’avoue avoir eu un mini-moment de blues en toute fin de soirée, dû en grande partie à la fatigue de la journée de marche et un faux mouvement du dos, à la foule et à toutes ces petites choses désagréables auxquelles nous ne sommes pas encore accoutumées, sans compter certains éléments de planning pas évidents à mettre au point. Peut-être une petite déception mais rien que ne peut réparer une bonne nuit de sommeil ! Et demain fut un autre jour, sous de meilleures auspices…

english_flag   I’m in charge of food today (and where we eat) so as we left the hostel this morning I was feeling a bit scared as to what I could find. I shouldn’t have worried though, as when we turned onto the main road I heard a lot of voices coming from a restaurant. Inside there were a couple of dozen people eating…all of them Chinese. “Here”. So in we went and up to the counter where a selection of all kinds of interesting cakes, breads and biscuits were on display. We opted for a small bread roll (like we’d seen being made in one of the Hutongs yesterday afternoon). I opted for a kind of fried egg in a pancake-type thing as well and Stéphane chose an ENORMOUS, slice of what looked like bright yellow sponge cake with 5 cherries on the top. We opted to share a juice (as it was a pretty dodgy black colour) and took our 20 RMB breakfast to a nearby vacant table.

My egg thing was OK — with a bit of salt and pepper and some ketchup then they would have really had something good ^_- . Stéphane’s sponge cake on the other hand was not only enormous but also not very nice. It’s difficult to know exactly what it was made from, I think that there was some sweetcorn — though not enough to provide any flavour…and it was really dry. The locals were all dipping it into some kind of soup thing…which we hadn’t seen before sitting down! The little bread things that we had bought were incredibly solid (we couldn’t break them in two with our hands) but they were very tasty. As for the juice, well it was sweet…and we later discovered that it was probably a local herbal mixture. It turned out that this place is fairly well-known and has a plaque on the wall explaining its history and its thirteen famous cakes….if only we’d seen the sign on the way in!

Last night we discovered that the Forbidden City is closed on Mondays and so we had decided to head up to Yong He Gong (the Lama Temple). This place is amazing, I’ve rarely seen so many temples in one place and the Chinese people there all had incense sticks that they were burning, some one or three sticks and others whole handfuls of them. There was smoke everywhere and signs saying that on “smoggy” days the incense shouldn’t be ignited…I thought that today (like yesterday) was a particularly smoggy day, but apparently the hundreds of others didn’t and so they were happily burning away their woes or sins or whatever. In one of the buildings there is an absolutely massive statue of Buddha made from one whole tree. The statue is 18 metres tall above the floorboards and, allegedly 6 extra metres are hidden under the floor. It towers over the small humans below it who are trying to get a good view of it despite the lack of distance in which to be able to appreciate it.

Getting hungry again after our visit we headed into a Hutong not far from the temple and passed by a nice looking vegetarian café that looked slightly colonial inside (lots of bare wood and plants with settees on one side). I stopped, thinking that it looked nice, but then thought that it wasn’t necessarily very “Chinese”. Stéphane told me that if I thought it looked good then that’s where we should eat — so in we headed. On the way in I spotted that it was actually a vegan restaurant and we selected a couple of dishes to share — a humus and roasted vegetables toasted sandwich with coleslaw and salad and an aubergine, onion, basil and tomato pizza. It was lovely, though fairly expensive — luckily breakfast had been cheap!! ^_-

The afternoon’s activities involved us heading out to the west of Peking to the new Summer Palace. This place is, again, huge and the number of people queuing to get in or just generally wandering around was impressive! Among other things, we saw the replica of a street in the town of Suzhou which is a town that we are actually planning to visit during our trip; the marble boat tea-house; the long covered corridor which is completely painted with glorious colours as well as little individual paintings all the way along it; the garden of Virtue and Harmony which is a theatre and the Tower of Buddhist Incense which has the most spectacular staircase leading up to it…I expect there will be photos later in the gallery ^_-

We’d seen a restaurant in the guide or on the internet that was recommended by several travellers (and had appeared in the Guardian newspaper in the UK) which was a bit of a trek from our hotel but was walkable and so we headed off hoping to find it. And find it we did, we were quickly ushered (before we could protest) into a side room in the restaurant where the waitress handed us a menu and then stood next to us telling us that we should have the Peking Duck without letting us really read the other options. We agreed that we couldn’t be in Peking without trying the duck. It was served a little bit like in the UK (but without the show…we were just brought two plates of cut-up duck) with the pancakes, thinly cut spring onions and cucumber and Hoisin sauce. We got stuck in quickly and after eating the first one happily, the waitress came back to show us how to eat Peking duck…doing exactly what we had just done….grrrrr!! Stéphane pointed out that it was a bit of a shame that the Peking duck in Peking wasn’t as nice as it was in Newbury when we used to go into town to have it from time to time! He’s right.

Une réflexion au sujet de “Beijing : foule, démesure et contrastes (2/3)

  1. Hubert

    Ah oui, la Chine il faut y etre prepare ! Je n’ai jamais ete a Beijing, mais Shanghai j’avais trouve ca – en omettant toute diplomatie – relativement degueulasse. Par ce qu’on avait vu avec Eric dans le sud (a cote de Guilin) etait beaucoup plus calme et plaisant.

    En tous les cas bon courage ! Et profitez bien de toutes les experiences. Meme les moins plaisante sur le moment font de bons souvenirs plus tard 🙂