Le Grand Détour

Beijing : foule, démesure et contrastes (3/3)

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Jour 3 – Third day

france_french_flag Levés à 7h30, nous sommes bien décidés à visiter la cité impériale aujourd’hui ! L’humeur est bien meilleure que la veille et nous avons également un plan pour la suite du séjour. Nous prenons notre petit déjeuner dans un petit restaurant à deux pas de l’hotel où nous n’avons encore vu aucun touriste étranger à part nous. Nous y goûtons pour la deuxième fois toutes sortes de patisseries sucrées et parfois très étranges. La plupart des chinois qui s’y trouvent conjuguent à la fois une sélection de sucré et de salé, avec des soupes aux couleurs et aux textures pas toujours engageantes pour notre petit dej. Le sucré nous va bien. D’ailleurs on y retourne demain 😉 Direction la cité interdite.

Bon. On a beau le savoir, on a quand même du mal à appréhender la foule qui se masse comme nous vers le guichet des tickets, après avoir fait la queue déjà plusieurs fois pour le métro, le scan des sacs et j’en passe. Une allemande que nous avions rencontrée à Matsuyama au Japon et qui vivait depuis 2 ans en Chine nous avait prévenu que l’une des qualités essentielles pour apprécier la Chine était la patience. Elle avait raison. Nous travaillons ainsi notre patience de belle manière, en commençant imperceptiblement à nous habituer à la foule, jusqu’à obtenir notre précieux sésame. Yes !

Et nous voilà enfin à l’intérieur de ce labyrinthe de palais, de temples et de jardins, odes à une folie des grandeurs à dimension chinoise, où tout n’est que célébration impériale, à commencer par les noms. Chaque bâtiment porte forcément un qualificatif « superlatif » : tout est « suprême », « céleste », « éternel », « divin », « du paradis », « de l’harmonie parfaite », « de la pureté », etc. Ex. le pavillon de l’harmonie suprême, la porte de la pureté céleste, le palais du printemps éternel. On est empereur ou on ne l’est pas après-tout ! Nous visitons ainsi, en compagnie de 80 000 autres touristes, les palais où les empereurs et impératrices de dizaines de générations vécurent et conduirent les affaires politiques de la Chine. Nous retrouvons à quelques varations impériales près le style des temples vu dans la lamasserie, auquel s’ajoute des salles et des trônes richement décorés mais pas souvent accessibles à l’intérieur.

Plusieurs fois je me dis qu’on est bien, malgré la foule, signe que le petit « mou » d’hier soir n’était que passager. Un genre de lâcher-prise peut-être… Après 3 heures de visite qui ne nous auront pas permis de tout voir (!), nous décidons d’aller manger un morceau. Aujourd’hui nous optons pour un « genre de MacDo » local dans l’organisation du service, combo « juicy chicken and braised beef » pour moi, et « Kung Po chicken » pour Susie. Et avec ça, en plus du riz, on a droit chacun à une petite salade, un dessert, une boisson. Plutôt correct.

Et puis nous partons relever notre premier challenge « train » du séjour, à savoir réserver un billet à la gare de Beijing, sans avoir emporté avec nous les précieux formulaires où nous avions fait écrire en chinois ce qu’on voulait comme billet… Putain, la gare de Beijing. Même un peu habitués à la foule, ça nous scotche encore. Il faut voir le monde et le bordel que ça génère ! Nous galérons pour trouver le bureau des billets, dont on sait qu’il existe un guichet où une personne parle anglais, à priori le N°16. 25 minutes plus tard nous y voilà ! Sauf que le guichet est fermé. Bon, nous tentons celui d’à côté et réussissons au bout de quelques minutes à réserver notre premier train pour un prix que nous savons exhorbitant. Pourquoi ? Hé bien parce les trains se remplissent tellement vite ici qu’il faut s’y prendre 4 jours à l’avance au minimum ! Faute de quoi il ne reste que les trains hyper-rapides ou les trains de nuits en options super premium. Dans notre cas nous allons à Xi’an en super fast train, un trajet de plus de 5 heures pour le prix de 4 nuits dans notre hostel… No comment. Nous allons devoir être un peu plus organisés à l’avenir !

Fort de ce succès, nous décidons d’aller visiter le Tiantan, le temple du Ciel où l’empereur, suivi de son cortège de 1000 personnes, venait faire des rites sacrificiels pour remercier les dieux et les implorer des bonnes récoltes à venir. L’un des gigantesques temples s’appelle le Hall de l’abstinence… Ainsi à 2 ou 3 reprises (2 ou 3 jours) dans l’année, l’empereur se forçait-il à une abstinence terrible, lui qui n’avait que l’embarras du choix de ses courtisanes le reste du temps 😉 Le Tiantan est aussi un énorme parc avec ses différentes ambiances et où l’on peut voir les chinois se livrer à toutes sortes de pratiques. Là, le long d’un hall une centaine de personnes jouent aux cartes par petits groupes. Là, un groupe de personnes font une gymnastique indéfinissable en suivant les mouvements d’une femme, là encore une chorale répète ses morceaux. D’autres jouent à un genre de « fooseball » il me semble où, en petit cercle ils se passent un volant en n’utilisant que leurs pieds, leurs genoux et leurs coudes pour se l’envoyer. On aurait du mal à lister toutes ces choses, souvent incongrues ou amusantes à nos yeux mais qui remplissent à merveille notre envie de découverte. Dommage qu’on ne puisse pas vraiment engager la conversation. Nous terminons notre visite fatigués mais contents, même s’il faudra encore plusieurs kilomètres de marche pour rejoindre l’hôtel.

L’humeur est définitivement au beau fixe et déjà nous pensons au lendemain où nous découvrirons la muraille de Chine ! Même le diner est très chouette ce soir là : tout en étant le moins cher de ces jours passés, il fut le meilleur gustativement et plus copieux, sans oublier un service sympa avec sourire et tout. Comme quoi il faut choisir les bons endroits. A la vérité, suite à une erreur d’interprétation, nous nous sommes retrouvés avec assez à manger pour 4 personnes avec 32 dumplings, une portion de riz pour 4, un plat de pommes de terre et d’aubergines et une soupe, le tout pour 115RM, soit 16 euros. Ca va, même si ce n’est pas suffisant pour rattraper le prix du billet de train 😉 Demain un autre jour, une nouvelle aventure, un nouveau détour !

english_flag From a distance everything is monotone, but when you approach, if you manage to get close despite the human mass in front of you, the vivid and joyful colours are omnipresent. The gold-leaf where possible is surrounded by the blues, reds and yellows.

Maybe it’s just that we’re getting used to the Chinese way or maybe today’s Chinese tourists were less pushy or rude…in any case, I have opted for the “do not give way, look mean and do not smile” attitude (apart from for VERY old people or people with sleeping children in their arms in the underground for whom I am still willing to be charitable and, in general, am thanked for) and I seemed to be less pushed around in general today….in general.

Early start this morning in order to get to the Forbidden City before all the tickets are sold out. We naively thought that there would be fewer people today than there were on Sunday but, as the underground train got closer to the Tian’anmen East station and more and more people crowded in, we realised that this was not the case! In the long, long queue for the security checks we started to eat our egg sandwiches (we’d stopped at the same place for breakfast this morning but opted for the takeaway option in order to not lose any time). Following the throng of Chinese tourists (with a couple of groups of Dutch or German tourists mixed in for good keeping) we passed under the portrait of Mao and through the following gate (passing in front of the dreaded sausage van…no way will we be repeating THAT mistake ^_- ).

There were about a dozen ticket booths open and so we headed to queue in one of them, despite the masses of people everywhere, the queues were very reasonable. We asked for two tickets and handed over our 120 Yuan and our passports. Once everything was validated we had our tickets!! I asked Stéphane if he thought we should go and do something else and come back later when there were less people, he preferred heading in now that we were here…and there probably wouldn’t be fewer people later anyway as there seem to always be thousands of people everywhere in this city!

The Forbidden City is another example of the immenseness of everything here, there are massive painted gatehouses with ceramic roofs which lead onto huge and relatively empty squares which seem to absorb the thousands of tourists surrounding us. Up close the buildings are beautifully painted and colourful. From the gatehouse the smog tends to fade the colours into a dull shade of terracotta.

In amongst the crowds, as we approach the buildings to see their contents, the guttural coughing and hacking noises of some of the Chinese tourists attack our Occidental ears. We hear loud, unhidden burps and are literally shoved out of the way so that they can get a better look at what’s inside. I admit, I start to get annoyed and prefer to pull back, to isolate myself from the masses and to find quiet corners where I can admire the architecture, leaving Stéphane to fight his way to the front, in amongst the selfy-sticks, to try and get a photo of whatever is inside in order for me to look at later…though, in general, I think the most impressive part of this Forbidden City are the buildings, the squares, the labyrinth of corridors and gates and not the little that remains behind the smeary windows, plexiglass or the wall of mobile phone screens held up on selfy-sticks.

Making the error of exiting to the North of the Forbidden City we now found ourselves nearly 2km from the nearest underground station and so started walking, following the general human flow in the direction of the station. We pass in front of people trying to sell us rides in their tuk-tuks, lighters, little puzzles made of wood and ribbon that make a clack-clack-clack noise when you wiggle them. There are even a couple of severely burnt men, at about 200m from each other, with their amplifiers and microphones trying to sing to beg for money. Not for the first time my mind starts the comparison between China and India…the story from Slumdog Millionaire coming back to me. I am not at ease today in this city.

After lunch we headed to Beijing Railway Station in an attempt to buy some tickets to take us to Xi’an in a few days’ time. Stéphane had looked into what to do and had a description on his phone saying that we needed to go to Desk 16 in the separate Ticket Office building to find an English speaking counter. Long story short — we wandered around for half an hour looking for the desk 16…asking as many people as we could if they knew where the English speaking ticket counter was…getting pointed in different directions (even nearly ending up in a massage parlour in the car park to the west of the station!!). Eventually we decided to look at the instructions again and, as we were reading them, we realised that written in large letters over one of the buildings right next to us was “Ticket Office”. We headed there and waved our passports at the guards at the gate who were checking the ID of all the Chinese people heading past them. We were in. We headed to counter 16…..CLOSED! I looked either side of 16 and decided that the lady selling in counter 14 looked young enough to speak a little English and we could point for the rest as we’d noted all the information that we thought as important. I was right, the girl spoke English and we walked out of there with happy smiles on our faces and, more importantly, tickets out of this town in our pockets!!

I was quite happy to head back to the hostel at this point, but we had said that we’d go to the Temple of Heaven if we had time. I’m glad we did, inside the grounds were groups of elderly people playing cards and laughing, there were a group of people doing an exercise class together, there was even a choral group with about 4 people playing instruments whilst 8 or so others sang. It was a lovely atmosphere. and we even did a few of the touristy things in the site before calling it a day.

To improve things even more we headed out to a restaurant recommended by our hostel for dinner. When we eventually found it, we ordered some dumplings (Dim Sum) thinking that they were sold separately; an aubergine and potato dish; a bowl of pumpkin soup and some veggie fried rice. When the server bought out our plate of dumplings there were more than we had thought we had ordered, but as it was fairly cheap we decided that it didn’t matter and started to eat them. The server then bought out another plateful, and then another….we had 32 dumplings in all!! Plus the other dishes. Guiltily we couldn’t finish everything and ended up leaving a lot more than we would have liked…but even still the meal was one of our cheapest and probably the best tasting so far!

Une réflexion au sujet de “Beijing : foule, démesure et contrastes (3/3)

  1. Ysis

    Franchement , à la lecture de votre séjour en Chine, nous compatissons à votre solitude dans certaines situations cependant un brin envieux quant vos découvertes chinoises.
    Nous passons un super séjour, ce jour nous sommes allés à Tafraout , emprunté une route à travers une palmeraie magnifique bref, que du bonheur
    Gros bisous de nous deux