Le Grand Détour

En route vers Phnom Penh, à 39 ans / Turning 39 on the way to Phonm Penh

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[23 décembre 2015]

france_french_flag Bus vers Phnom Penh

Il y a 39 ans tout pile aujourd’hui, j’émergeais dans ce monde, suintant tel un rôti à mi-cuisson pour pousser mes premiers cris. A cet instant précis, je me demande si je ne vais pas revivre cet évènement traumatisant alors que nous sommes coincés avec Susie tout à l’arrière d’un bus local bondé, pour 7 heures de route jusqu’à Phnom Penh, avec des vidéos de karaoké si fortes que les hauts-parleurs au-dessus de nos têtes en grésillent… Encore heureux qu’il y ait la clim’ sinon le rôti serait complètement ratatiné à l’arrivée. Enfin, si on arrive.

L’avant-veille nous avons acheté les billets dans un restaurant qui donne des cours de cuisine, le Smoking Pot’, qui, comme son nom l’indique en jeu de mot, propose effectivement un « happy curry » cuit avec de la marijuana. C’est en parlant au propriétaire cambodgien très cool que nous en sommes venus à acheter ces billets de bus. Notre hôtel quant à lui nous proposait un bus « VIP » pour le double du prix mais le gars du resto nous explique que le bus VIP est certes un mini-van plutôt confortable mais à l’intérieur duquel les gens sont entassés comme des animaux, bien au-delà du nombre de sièges disponibles, tandis que dans le bus local « normal », un siège est pour une personne. Du coup ça ne vaut pas le tarif proposé, même si le mini-van est sensé arriver en 5 heures au lieu de 7 ou 8. Donc oui, nous avions le choix 😉 Mais nous, on opte pour le bus local pour les locaux.

Si j’évalue la situation maintenant, alors que la campagne toute plate du Cambodge défile très rapidement par dessus les nids de poule, je rectifierais en disant que dans un bus local normal, un siège permet d’asseoir trois, voire quatre personnes, sans compter celles qui sont entassées dans l’allée centrale ! Nous sommes visiblement privilégiés, nous et les deux grands-mères d’à côté, car nous ne sommes que deux sur nos deux sièges. Nous sommes effectivement les seuls touristes du bus.

Nous avions évoqué ce trajet en bus avec James et Madison hier soir. Eux songeaient à prendre le bus VIP pour Phnom Penh aujourd’hui. Evidemment nous leurs avons expliqués notre choix du bus local et nous nous sommes quittés en pensant qu’on se reverrait très certainement ce matin. Or ils ne sont pas dans le bus. Je serais curieux de savoir comment se passe leur trajet si l’on se recroise dans la capitale. Susie quant à elle a d’abord tenté la politique de l’autruche en mettant ses écouteurs et en sortant son PC mais elle a rapidement abandonné l’affaire, agacée. Elle tente maintenant la technique dite « du mauvaix rêve » et s’en sort plutôt pas mal à vrai dire : elle consiste à s’endormir pour se réveiller lorsque le bus arrive à destination, comme si le trajet n’était juste qu’un mauvais rêve quoi. Pour ma part j’écris tant bien que mal, au rythme des cahots de la route, bercé par la vidéo d’une émission cambodgienne où tous les protagonistes semblent crier pour s’exprimer. Ca doit être une comédie car ça rigole un peu dans le bus. A un moment donné, un gars chante « Joyeux anniversaire » dans l’émission. Ca me fait plaisir, c’est pour moi, non ? Sauf qu’il meure d’une crise cardiaque en chantant. Humour cambodgien, quoi 😉 Aller, c’est le moment de revisiter mes anciennes notes pour en faire des phrases pour le blog. Ciao !

Pause pipi dans la nature, pause déjeuner avalée en 10 minutes chrono et nous repartons vers Phnom Penh. Le film de cet après-midi est un film gore japonais ou en tous cas d’inspiration forte, avec des effets exhubérants, des monstres et du sang à gogo… Honnêtement pas le genre de film que je montrerais à des enfants de moins de 12 ans et encore. Mais tous les gosses du bus ont les yeux rivés sur l’écran.

Nous approchons Phnom Penh. Je le vois sur le GPS et par la fenêtre avec le fleuve Tonlé Sap qui longe la route. Le niveau des infrastructures ne s’améliore pourtant pas tant que ça.
Nous arrivons enfin à la station de bus de Phnom Penh, assailli par les tuktuks qui cherchent à nous conduire à notre hôtel… Nous finissons par céder pour 4 dollars négociés, ce qui nous paraît quand même bien payé.

Mon anniversaire à Phnom Penh

Et nous voilà dans notre petit hôtel douillet où nous recevons un accueil adorable. Et nous le trouvons encore plus adorable lorsque nous ouvrons la porte de notre chambre : pour mon anniversaire, le personnel a entièrement décoré la chambre de ballons et a écrit « Happy B. D. » sur le lit en pétales de fleurs. Wahou ! Super sympa ! D’autant plus que nous n’avions rien dit. Ca c’est du service… Et ce n’est pas fini pour la soirée d’ailleurs… En tous cas la chambre est parfaite : spatieuse, lumineuse, moderne, hyper confortable. Voilà de quoi passer un excellent séjour de Noël à Phnom Penh, exactement ce que l’on cherchait. A ce moment évidemment, nous ne nous doutons pas que les jours à venir ne correspondront pas *tout à fait* au plan initial. Mais pour l’heure, nous profitons !

Susie a décidé de m’offrir un massage intégral à l’huile pour mon anniversaire au spa de l’hôtel… Après une longue journée de bus, c’est du bonheur, tout simplement. D’autant plus que c’est l’un des meilleurs massages que j’ai testés en Asie. Ferme par moment mais hyper relaxant, avec des senteurs parfumées et des mains expertes qui me massent des pieds à la tête. Quoi, c’est déjà fini ? Ca fait une heure ? Mais j’étais tellement bien… 😉 Je redescends un peu sur terre en buvant un thé avant de remonter dans la chambre. Mais à peine ai-je fermé la porte que l’on sonne. Tiens. J’ouvre la porte et quatre personnes du staff se présentent avec un beau gâteau d’anniversaire personnalisé et se mettent à chanter « Joyeux Anniversaire » ! C’est énorme ! D’abord le coup de la chambre et maintenant le gâteau… Ouah, on va être trop bien ici ! Après les endroits pas toujours très propres ou très confortables que l’on a traversés, ça fait vraiment du bien. C’est déjà Noël on dirait !

Pour le dîner, nous décidons d’aller manger au Lotus Blanc, un restaurant-école tenu par l’association PSE, Pour Un Sourire D’Enfants, qui réhabilite les enfants des bidons-villes pour leur enseigner un vrai métier et leur donner une chance de s’en sortir. L’occasion de dîner pour une bonne cause. Nous avons d’ailleurs prévu de passer une journée dans le centre de cette association pour y découvrir les activités et pour faire une donation. Quelque chose dans l’esprit de Noël, quoi.

Il n’y a pas grand monde dans le restaurant mais apparemment à Phnom Penh aussi, le mois de décembre 2015 n’est pas un bon cru pour le tourisme. En tous cas nous sommes aux petits soins avec un service impeccable et une adorable toute jeune serveuse, encore stagiaire et toute timide. La carte est un mélange de cuisine khmer et occidentale. Comme nous avons prévu de nous offrir un top resto français pour Noël, nous optons pour des plats locaux, en prenant, une fois n’est pas coutume une entrée ET un plat, avec un apéritif et un verre de vin 😉 Ce n’est pas tous les jours qu’on a 39 ans, hein.

Et attention, ça va se passer très vite mais l’univers va trébucher, se prendre les pieds dans le tapis et une catastrophe va se produire dans les prochaines secondes. Nous choisissons nos plats et la serveuse prend la commande. « Pour vous Madame ? » « Je vais prendre la salade d’asperges », « Ah, je vous prie de nous excuser mais cette entrée n’est plus disponible », « Très bien alors ce sera la salade césar« , réponds Susie.

Voilà, les boyaux du destin ont parlé et les conséquences seront merdiques… Mais à ce moment-là, nous savourons des instants de bonheur, avec deux martinis, l’anticipation de fêtes de Noël, nos aventures à venir et tellement d’autres choses.

Le repas est copieux et délicieux. Les entrées d’abord, dont Susie dit toutefois de sa salade césar qu’elle a un goût « différent » et les plats principaux. Je savoure pour ma part un succulent poisson tandis que Susie déguste un boeuf Loklak, l’une des grandes spécialités cambodgiennes.

Nous retournons à l’hôtel, main dans la main, dans la capitale où la plupart des mobylettes ont rejoint leur mobylettière pour la nuit. En chemin nous nous arrêtons devant un bar où un groupe de musique joue du bon vieux rock’n’roll des années 50. Occidentaux et Cambodgiens se partagent la piste de danse tandis que le chanteur se la donne comme Elvis. Oh yeah Baby.

Ainsi s’achève ma journée d’anniversaire Phnom Penhoise. Il est temps de publier un article sur le blog et de faire dodo… Cependant sans que nous nous en doutions, certaines bactéries intestinales sont en train de préparer un coup d’état…

[23rd December 2015]

english_flag So today is Stéphane’s birthday. He played the guilt trip the other day saying “In any case, I know you’ll have a small present that you’ve been carrying around since the beginning of the trip. That’s the kind of person you are” and usually he’d be right, but no…not this year. His present is my company every day for 6 months with no time off and no time on his own ^_^

After the guilt trip though I had a little think. Knowing that we’d booked a pretty decent hotel for his birthday through to the 27th I had come up with a plan. I’d organise a massage for when we arrive and I’d pay for a good restaurant for our dinner that night — rather than night markets or local restaurants we’d do something a little classier.

So I emailed the hotel, I explained who I was, how long we’d booked with them and that it was my husband’s birthday and I’d like for him to be able to have a massage on the day that we arrived in Phnom Penh. We’ll come back to this later.

First though, we’re still in Battambang in the Holiday Hotel and, after a quick breakfast around the corner from the hotel (not as good as good as the Choco L’Art Café where we ate yesterday morning), we got into the tuk-tuk sent to pick us up and take us to the bus. Except it didn’t. It took us to the bus office in town. Eventually a bus arrived and we got on. The bus driver told us that this was the bus to take us to the other bus. The big bus. The one that was supposed to leave at 8:30 (it was already later than that). As we pulled away Stéphane pointed out that there was no door on this bus and so it was probably good news that it wasn’t going to take us on the 6 hour journey to Phnom Penh.

At the real bus stop we were told to wait. A lady pulled up with her stall of things to eat…not so attractive though as the choice was either insects or chilli peppers!! I gave it a miss. When the big bus finally pulled up and we clambered aboard we realised that our seats were right at the back of the bus. Not on the back seat though no, this was already occupied by dozens of cardboard boxes held together by string. There was also a load of folded up cardboard boxes blocking the aisle and, when the granny who was in our seat finally moved, we discovered that there were large rice sacks full of solid stuff under the seats in front of us and our seats — so no room for our feet either.

The owner of the folded boxes tried to put them onto the pile of boxes behind us. Slightly precariously and so I tried to block them with my crutches, but it was all a little risky still and so we decided to give up and put the boxes back in the aisle instead. Stéphane pointed out that if we had to leave the bus in an emergency then there was a tiny window next to him that we would have to squeeze out of….funny’s cousin?? (Oh and I moved the rice bag from under my seat into the aisle slightly further forward….at least I could rest my ankle.

As the bus filled up and went on its way more and more people filed in. By the time we were really going there were on average 3 to 4 people per seat with a number of people sitting in the aisle too…health and safety? Not here!

The wifi that the bus advertised didn’t work, but the karaoke TV blasted away for a good few hours of the 6 hour journey. I managed, as usual, to spend a good part of the trip asleep while Stéphane tap-tapped away on his tablet for the blog.

We stopped a few times, toilet stop, lunch stop and then a final stop where they decided to wash the bus before carrying along the dusty road! At the second stop we were quite concerned to see the driver chucking buckets of water over the engine…which was at the back of the bus underneath both us and the piles of cardboard boxes….

Anyway, we made it in one piece to Phnom Penh, passed the roundabout where there is a handgun with a knot tied in its barrel.

We took a tuk-tuk to our hotel — though we did have a problem with the pronounciation of TEAV…or TIOW in Khmer apparently. When we walked into the hotel it was like a haven of peace (after the tuk-tuks, mopeds, cars and 4 wheel drives that beeped and buzzed around the town). We were warmly welcomed and had a nice cold drink before we were shown up to our room.

Room 201, the door opened and the first thing we saw were the balloons…they were everywhere, on the wall, the ceiling, the floor, the bed (and even the balcony as we discovered later). There was bunting on the ceiling too and rose petals spelling out HAPPY BD!! It was amazing!! Such a nice thing to do and they’d not said anything about it in their reply to me!!

After a cup of tea and coffee on the balcony together, Stéphane went and had his massage whilst I had a cool beer in the room and rested my ankle. When he came back he was all relaxed and raving about the quality of the massage! Just then we heard a noise, a strange noise. It repeated and then there was a knock at the door…ahhhh, must’ve been the doorbell!

Stéphane went and opened it and there was the Philippine manager and two male members of staff holding a birthday cake with a couple of candles on it. There was even writing on the cake saying Happy Birthday Stéphane from TEAV Hotel. WOW!!! After a quick round of Happy Birthday to you the staff left us with a couple of plates and a knife to cut the cake….so kind!

I’d been looking into good restaurants for this evening and had made a shortlist which I showed to Stéphane. He suggested a different restaurant, the White Lotus, which is run as part of the NGO Pour un Sourire d’Enfant that our friend told us about. The NGO trains underprivileged children to have a trade, either in restauration, hotel industry or hair dressing (for example).

So we headed there. We were slightly disappointed to see that the restaurant was nearly empty, with only one other couple there when we arrived. After a look at the menu, I opted for the asparagus starter and Beef Lok Lak main. Unfortunately, there was no asparagus and so I changed my starter for a Caesar salad…HUGE ERROR? (See tomorrow’s post…coming soon).

We had a martini and a glass of white wine each to wash the meal down with and were very happy with our choice. The Caesar salad dressing had a different taste than usually, but maybe that’s normal as we’re in Cambodia!

On the walk back to the hotel we passed down a bit of an alley and heard live music. Where was it coming from? After a little further investigation (and an even narrower alley) we discovered a group called Joe Wriggley and the Jumping Jacks. They were playing Rock’N’Roll slash Blues type music and we stayed to listen to a couple of tunes before heading the last 200m back to the hotel.

All in all a pretty good evening (although I was starting to feel unwell and had to run to the loo as soon as we got back)…To Be Continued in the next publication!