Le Grand Détour

Epopée ferroviaire vers Tam Coc – Journey to Tam Coc

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[18 janvier 2016]

france_french_flag En route pour une nouvelle épopée ferroviaire à travers le Vietnam. Il est 9h32, le 18 janvier. C’est lundi. Dans un autre monde je serais déjà au bureau à vérifier mes emails ou à travailler sur des dossiers en cours après mes 50 minutes de transports en commun, à moins d’un problème technique du RER évidemment… Une autre semaine comme les autres. Mais pas ici. Pas maintenant. Ici et maintenant je regarde par la fenêtre. Nous traversons les rizières brumeuses où des buffles paissent tranquillement, les pattes dans l’eau tandis que des hommes et des femmes travaillent péniblement les pieds dans la boue. Une terre humide, un pays d’eau qu’habille une végétation dense et luxuriante. Plus loin les montagnes se perdent dans les nuages et mes pensées se perdent dans ces images…

Une heure de bus local et huit heures de train pour parcourir quelques centaines de kilomètres vers le nord, depuis les grottes fantastiques du parc national de Phong Nha vers les paysages karstiques de Tam Coc, la fameuse baie d’Halong terrestre.

Un autre jour, un autre détour. Another day, another adventure. Celui du jour fut d’abord matinal pour pouvoir prendre le bus local de 7 heures à Phong Nha. Dès le réveil mon cerveau a enclenché le mode organisation-sacs-logistique. Heureusement que j’ai pris une bonne claque en sortant de l’hôtel avec le paysage de fou qui nous entoure. Mais regarde, regarde où nous sommes bon sang ! Si ça ne décroche pas la mâchoire du plus récalcitrant des dentistes, je ne sais pas ce qu’il faut.

Comme des bons français nous nous postons à 6h50 sur le bord de la route pour attendre le bus de 7 heures… qui n’apparaîtra qu’à 7h20. Une micro frayeur car nous ne voulons pas louper notre train à Dong Hoi à 9h13. Nous sommes juste en face de l’hôtel, pas dans un arrêt de bus car ça n’existe pas ici. Il suffit d’attendre sur la route et d’hêler le bus lorsqu’il arrive, tout simplement.

Nous prenons place à l’arrière avec nos gros sacs. Nous serons les seuls touristes jusqu’à Dong Hoi à profiter au choix de la version humaine du panier à salade ou du bus zéro G qui permet de faire l’expérience de l’apesanteur puisque nous passons au moins autant de temps en l’air que sur nos sièges 😉 (voir vidéo) Lorsque nous débarquons à Dong Hoi, il n’y a plus de pulple en bas et nous marchons le kilomètre qui nous sépare de la gare les idées claires.

Ce billet de bus nous a coûté 33 000 dong chacun lorsque le taxi privé aurait chiffré au minimum dans les 400 000 dong. Tout au long de ce voyage nous apprenons à appréhender différemment le coût des choses. Il est assez incroyable de constater les écarts de prix monstrueux qu’il peut souvent exister pour des services quasi identiques, voire totalement identiques. Mais tant qu’il y a des gens qui sont prêt à payer le prix fort… Ok dans le cas présent le confort du taxi et du bus local ne sont pas tout à fait comparables mais c’est quand même valable pour tout. Les excursions proposées par les hôtels, les repas, les souvenirs, les transports… Et il nous arrive également de tomber dans le panneau comme pour nos sandwichs d’hier midi. Ou encore pour le prix de ce billet de train acheté en ligne à 10$, qui n’en coûte que 8$ sur place alors que plusieurs sites n’hésitent pas à le vendre plus de 30$, pour le même siège. La même canette peut se vendre jusqu’à 5 fois plus chère sous prétexte de poser son postérieur 10 mètres plus loin. Et lorsqu’on pense à notre sublime hôtel de Hué à 20 dollars la nuit pour un service digne d’un 5 étoiles on a du mal à s’imaginer mettre 100, 200 ou 300 dollars la nuit pour un palace où nous ne serons pas mieux reçus, où la nourriture ne sera pas meilleure, où la chambre ne sera pas plus confortable. Reste la vue. Et c’est vrai que certains endroits peuvent le justifier. Alors bien sûr, rapporté en euros, nous avons les moyens de ne pas nous inquiéter de ça. Tant mieux. Mais ce n’est pas une raison pour perdre de vue le coût réel (et raisonnable) des choses.

11h01. Plus que 6 heures et 7 minutes, youpi ! Bon il faut avouer que ce train n’est pas ce qu’on peut appeler le grand luxe, ni super confort, ni super propre avec des gens qui dorment par terre et des restes de repas un peu partout. Mais les passagers sont relativement calmes même si plusieurs d’entre eux ont l’air malades car ça tousse et ça renifle dans tous les sens. On a le droit à un écran de télévision qui alterne en boucle le top 50 Vietnamien et des émissions américaines sur des chantiers monstreux et des tours de magie révélés. Il y a quelques instants un chariot est passé avec le repas : un steward équipé de gants en plastique « composait » des assiettes en puisant du riz, de la viande et des légumes dans trois énormes seaux. Au prochain passage peut-être…

Nous traversons à présent une gorge montagneuse au milieu de la jungle, c’est magnifique.

Les rizières se suivent et ne se ressemblent pas. Alternance de champs et de petits villages qui semblent tous entourés d’eau, comme inondés perpétuellement. Des mobylettes et des vélos, des montagnes et des rizières. Et les nuages. A un moment donné, avec la vue d’une église au loin et des champs cultivés (secs ceux-là), on aurait presque pu se croire en France un jour d’automne tout gris.

Lorsque les chariots repas sont repassés, Susie n’a pas hésité et nous a commandé deux assiettes ou plutôt deux barquettes. A un moment je l’entends dire « c’est quand même le truc le plus dégueulasse qu’on ait mangé en Asie » mais en fait elle ne parlait *que* du riz, donc tout va…. bien. A noter que la photo rend presque appétissant cette petite barquette mais c’est quand même très très moyen au goût.

Pour ce qui est de la visite des toilettes… Non.

Après plus de 8h30 de train, nous arrivons finalement à Ninh Binh qui n’est pas encore notre destination finale. Non, car notre hôtel se trouve à Tam Coc à une dizaine de kilomètres de là. Nous ne tardons pas à nous faire alpaguer par un faux taxi avec qui nous négocions le trajet à 100 000 dongs. Ce qui est très cher payé mais impossible de trouver moins cher à cette heure-là et nous n’avons pas réussi à trouver la moindre information sur les bus locaux. Tant pis.

Quelques minutes plus tard nous arrivons finalement devant notre hôtel, le Nam Hua hotel, accueillis avec un thé au gingembre et un grand sourire. Juste ce qu’il nous fallait 😉

Pour ce premier dîner à la baie d’Halong terrestre, nous optons pour le Bamboo bar, recommandé par l’hôtel. Il nous faut marché un petit kilomètre pour l’atteindre sur la seule route du village et parfois dans le noir. L’occasion de nous rendre compte qu’il fait réellement plus froid ici qu’à Phong Nha. Nous arrivons gelés au restaurant mais nous y dégustons avec un repas très fin – en portant nos vestes. Le garçon qui nous sert et qui semble être le patron parle un français impeccable sans avoir ni vécu en France ni avoir des amis ou de la famille qui parle français. Lorsque je lui demande pourquoi il a choisi d’apprendre notre la langue, il me répond que c’est pour le business, par rapport au nombre très important de touristes français dans la région. Chapeau bas et pour l’accent et pour l’effort !

english_flag [18th January 2016]

I’m sitting here in the train next to Stéphane, social as ever, me on my laptop, him on his tablet. We’re trying to catch up on our blog articles whilst we have time to kill. It’s a pretty dull and grey day outside the windows and the view isn’t as great as the journey from Da Nang to Hue, but there are some rather beautiful scenes every now and again so we keep looking up to check.

It’s starting to feel a little long after 6 hours on here though. The train is not as nice as the SE4 we were on last Tuesday and looks and feels like it dates from when the French were in charge of Vietnam ^_- (only kidding). The good news is that we’ve only got 8 hours on this train in total…so only 2 more now!

In our carriage there are people sleeping on the floor under their seat, some people have even bought their own rugs (for under their feet) or blankets and pillows. I’ll not go into too many details about the state of the toilet…but I do like the fact that they have a hygienic flush, so you can just wave your hand in front of it to flush…as you’re standing in a pool of other peoples’ urine…nice touch, and “hygienic” slightly ironic!

Come on Susie, only two more hours…

We woke early this morning, though not as early as we’d planned as, for some reason, I set the alarm 10 minutes later than we’d agreed. Don’t ask why, I only realised that I’d done that when it went off! We’d agreed with the manager that we could have breakfast at 6:30 but she’d not passed this message on to the morning staff and so it came as a surprise to them that we wanted to eat. In any case we wolfed down our omelette, gratefully, as we don’t know when (or what) lunch will be!!

We’d been told to wait for the local bus on the opposite side of the road to the hotel. It was due at 7am and so we were there and waiting five minutes earlier. The girl from the hotel bought over two plastic chairs so that we could sit down and wait — as it was wet on the ground. Very sweet!

By 7:15 there was still no sign of the bus and we started to worry. Stéphane had been back over to the hotel where, according to him, one woman said that if we were sitting on these chairs then the bus would stop…from the other side of the road I thought she was pointing to the green stripe on the chair (as in “a green bus”) and not the whole chair…“Maybe” he said. Good, nice clear communication!!

Shortly afterwards we were joined by a local guy. Stéph asked if he was waiting for the bus and he said that he was but the 7am bus had already gone and the next one would be the 8am. That would mean that we would miss our train in Dong Hoi (an hour or so from here). I went and stood in the road in order to get a better look at the oncoming traffic and, just then, like a parched adventurer seeing an oasis in a desert, like a marathon runner spotting the finishing line, like a dog hearing his owner’s key turn in the lock at the end of the day, I spotted the bus far off. We were saved, it was coming!!! Wooo hooooo!

With our bags, the easiest place for us to settle down on the bus was on the back seat. Not thinking it through too much to be fair, as the road to Dong Hoi was so bumpy that we spent more time in the air than with our bums on the seats! When the ticket conductor came up to us to ask for money we were prepared for the con of having to pay for a seat for our bags and having being quoted at least two different prices for the journey, of 80,000 or 100,000 dong, we were surprised when he only asked for 66,000 dong (£2, for one hour’s travel). Bargain!

Once in Dong Hoi, after numerous stops for people and packages, he came back to see us to ask where we wanted to get off. We said “Train station” to which he replied “Not possible. Bus station and you walk. 1km. OK?”. OK, no worries. He even showed us the way as we got off the bus, thanking him.

The road to the train station saw us walking over a flyover, with no footpath, in amongst the morning traffic…looking down over the small footpath that crossed the railway…“That would have been easier!”. Never mind.

On arrival at the station we saw that our 9:15 SE6 train was on the signs here as 9:01…luckily we were in advance! In the end it turned out that by the time the train stops, the people get off and unload all their stuff and we get onto the train, it is already nearly 9:15 so I guess the timings are pretty accurate really!

Lunch. Well we had a hot lunch served from a chariot pushed by a guy wearing plastic gloves. I joked to Stéphane that this was not so much hygienic for us, but to stop him catching something from the food! The polystyrene box contained the worse rice that I’ve eaten since being in Asia, topped with some shoe-sole tough pork, a couple of dark lumps of something unrecognisable and some cabbage-type vegetable…not the best meal in the world, but it’ll hopefully keep us going until this evening and not give us food poisoning! On the positive side it only cost us 65,000 dong which makes up for the most expensive picnic in the world that we had yesterday! ^_^

On arrival at Ninh Binh station I was now desperate for the loo again, but instead of heading into the station building Stéphane agreed with a “taxi” driver to pay 100,000 dong to take us to our hotel in Tam Coc. “What about me? I need the loo!!”…he quickly explained that Tam Coc was 5 minutes’ drive away and that I’d be better peeing at the hotel than in a station….a good point, well made!

The taxi turned out to be a car with very heavily tinted windows and not a taxi at all, but he had agreed to the price that we’d seen on the internet and so we weren’t too worried. I followed closely on my GPS and the driver followed the plotted path so, apart from driving the wrong way onto a dual carriageway, we had nothing to worry about ^_^.

The hotel was a tall and thin turquoise building and we were offered a delicious cup of ginger and lemon tea on our arrival before being shown up to our room. We’d booked a deluxe room and the room that we were shown had three double beds in it…huge, but deluxe? The bathroom had the shower that sprayed over everything else. The bathroom bin was placed strangely in the middle of the floor and it was only when I moved it that I saw why…there was a 10cm drainage hole in the middle of the floor with some pretty nasty odours coming out of it…I put the bin back!

Stéphane went downstairs to ask about the “deluxe” part of our room and was told that they’d overlooked this in our booking and no deluxe rooms were available for this evening. We would change rooms tomorrow (and have a shower cubicle rather than a wet toilet roll!!!).

The guy at reception recommended a restaurant in town called the Bamboo bar and I’d already spotted it in the guides…it was pricey but good. We headed there, passing in front of a couple of local restaurants one of which had small heaters to keep the clients warm…as it was pretty chilly this evening!

We said that we’d carry on looking and might come back. At the Bamboo bar I saw a couple of dishes that I fancied and so we decided to stay there…though it was really cold!

The guy in charge spoke really good French and without an accent (which is incredibly rare in Vietnam!). He said that he was self-taught and learnt it because of the number of French tourists here…bravo!!

As for dinner, we chose a variety of dishes and it was really, really delicious. Even when I spotted a rat running along one of the bamboos on the wall I carried on eating!! It’s only now when I’m writing this that I realise what I saw!!!

Oh well.

Back at the hotel we got the guy up from reception to come and make our air conditioning unit function so that we could have some heating in our room in order not to freeze overnight…I think we got our previsions a little wrong when looking into Northern Vietnam!

Tomorrow we’ll go and explore the karstic rock formations that make this part of Vietnam famous….I can’t wait!

 

Le bus « panier à salade » – The bone-shaker bus