Le Grand Détour

On a marché sur la Muraille (2/2)

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france_french_flag A l’heure dite Mamie vient nous dire « hello » à travers la porte et nous nous levons pour préparer nos sacs. Pas de douche, on fera avec le Déo et on en prendra une le soir. Contrairement à la veille il fait un froid de canard et nous mettons nos vestes polaires pour la première fois. Houra ! Nous ne les aurons pas porté dans nos sacs pour rien. L’autre bonne nouvelle c’est que grâce au vent qui souffle toujours, toute la brume a disparu, le ciel est d’un bleu limpide et la vue semble dégagée sur des kilomètres ! C’est juste le jour parfait pour aller sur la muraille.

Le breakfast consiste en une omelette et une pyramide de toasts et confiture que nous avalons vite fait. Les enfants sont debout aussi. Nous nous demandons si c’est à cause de nous ou bien si c’est l’heure de leur réveil habituel. Comme nous le comprendrons quelques minutes plus tard, c’est bien le réveil habituel pour aller à l’école ! Mamie tire l’un de enfants dehors pour qu’il aille faire sa toilette. Il revient un débarbouillage plus tard, à peine plus réveillé. Nous finissons le petit-dej, fermons nos sacs et David nous attend déjà dehors. Il semble que l’on soit en retard pour le bus de l’école. Nous nous entassons à 6 dans la voiture, David, Susie et moi et les 3 enfants. Redescente de la route en lacets. Nous déposons le plus petit garçons qui monte dans un mini-bus. Oui, ici les enfants se lèvent 6 heures pour prendre le bus scolaire vers 6h45 avant d’atteindre l’école. Nous poursuivons en voiture et passons devant un parking où David nous explique qu’il viendra nous chercher dans 3 heures. Puis nous arrivons 10 minutes plus tard sur le parking de l’entrée officielle. Nous payons les billets. Il est à peine 7 heures mais il y a un garde dans la guérite ! David nous tend une petite carte et nous fait signe de monter « par là » et de redescendre « ici ». Ainsi, nous entamons notre marche d’approche vers la muraille, soit pas loin d’un kilomètre d’escalier ! Ca chauffe les mollets de bon matin, c’est garranti, même avec le froid glacial dehors. Le soleil est déjà levé mais pas depuis longtemps. Nous avons hâte de retrouver sa chaleur car cela voudra dire que nous aurons enfin mis les pieds sur « The Great Wall Of China » en anglais, la Muraille de Chine. Et 40 minutes plus tard nous atteignons la fin de l’escalier. Le soleil explose sur nos sourires essouflés. Nous y sommes.

La muraille de Chine. La plus grande construction humaine jamais entreprise. Près de 7000 km de mur de pierre qui serpentent le long des collines et petites montagnes, le plus souvent sur les sommets les plus escarpés, avec des tours érigées tous les 60 à 200 mètres. Nous reprenons notre souffle et commençons à réaliser pour de bon où nous sommes. Waouh ! La muraille de Chine ne souffre d’aucun diminutif. Il faut la voir pour tenter de comprendre cette construction défiant l’imagination. La folie, les efforts, le temps et le nombre de personnes nécessaires pour acheminer des tonnes et des tonnes de pierres sur ces flancs escarpés, c’est dingue ! A ce jour les experts restent partagés sur sa véritable utilité militaire. Selon certains, elle aurait permis de repousser une attaque décisive, selon d’autre elle n’aurait jamais servi. Dans un documentaire que nous avions regardé avant le voyage, on avait aussi appris que l’empereur qui en avait ordonné la construction ne s’y était rendu qu’une seule fois. L’idée de ce mur lui serait venue d’un songe lui prédisant une attaque du royaume par le nord. Après sa mort, durant le reigne de son fils, l’attaque viendra finalement de l’ouest…

Il fait maintenant chaud en plein soleil. Nous enlevons une couche de vêtement, voire deux, tandis que nous démarrons notre promenade sportive de 3 heures le long de la muraille, frétillants des appareils photo. Personne à l’horizon. Une vue splendide, complètement dégagée, c’est magique… « Sportive » ai-je écrit ? Oui, c’est bien le mot pour qualifier cette balade qui monte et qui descend le long des crêtes et des pics, avec des escaliers abrupts, vertigineux, certains de plus de 100m de long avec des marches très étroites mais jusqu’à 50cm de haut, voire plus ! Par certains endroits cela tient plus de l’escalade que de la marche ! Nous sommes d’ailleurs obligés de prendre de nombreuses pauses le long du chemin mais cela nous permet d’admirer d’autant plus le paysage. Et la muraille, toujours la muraille, qui semble se répéter à l’infini mais n’offre jamais la même perspective. Chaque point de vue appelle une nouvelle photo… Il faudra faire le tri et ça ne sera pas facile 😉

Sur le chemin nous finissons par croiser quelques personnes isolées, quasiment toutes chinoises. Un groupe de photographes, un couple de touristes. Certains répondent à nos « Nihao », d’autres non. Et puis nous finissons par retrouver Christian et Michael qui ont effectivement passé la nuit sur la muraille. Ils confirment qu’ils ont eu froid et n’ont presque pas pu fermer l’oeil de la nuit à cause du bruit du vent. Mais ils semblent bien heureux d’être là, comme nous. A une petite différence c’est qu’ils sont montés avec leurs gros sacs à dos de voyage, avec nourriture et eau ! Ok, ils ont probablement 20 ans de moins que nous mais quand même, il faut le faire. Nous poursuivons notre promenade solitaire en bronzant au soleil mais ballotés par le vent devenu plus vif. Un peu plus tard nous atteignons finalement la tour avec le passage pour redescendre dans la vallée.

Avant de descendre de cet extraordinaire dragon de pierres, je pose mon regard encore une fois sur son corps qui ondule jusqu’à l’horizon. Je veux retenir l’instant. Il me vient cette pensée que la muraille ressemble au cours la vie, qui sillonne de manière surprenante à travers les montagnes du destin, avec ces hauts et des bas, ces moments de repos et ces rencontres fortuites de ceux qui croisent notre chemin. Et cette ligne de pierre, cette ligne de vie s’étend à perte de vue dans les deux sens. Il est bon de ne pas en voir la fin.

Le chemin du retour vers le parking consiste en un autre escalier d’un kilomètre mais heureusement avec des marches moins hautes. Nous trouvons David à l’heure dite sur le parking. De là, nous irons sur l’aire d’autoroute attendre le bus pendant une heure, puis 2 heures de trajet jusqu’à Beijing, puis 1h30 de métro pour retrouver la gare de l’Ouest pour enfin monter à bord du train qui nous conduira à Xi’An, quelques 5h30 plus tard. C’est une TRES longue journée pour nous mais pleine de souvenirs imperissables.

english_flag The dogs started really barking at 4am, the wind was howling most of the night and the cold…was pretty much omnipresent from before I went to sleep. Stéphane said that he’d not slept at all. I’d managed to get a few hours, but it’s impossible to sleep when the dogs are really going for it…my imagination goes wild, someone is there… After a while we hear someone, granny or grandad, coming out of the house and chasing the dog away….it’s quieter but it’s still barking!

Just before 5 we hear some footsteps and a “Hello” from the grandma — it’s time to get up. The showering facilities are extremely basic and so I’ve already decided that it’s a baby wipe day — I’ll shower when we arrive in Xi’An! We had breakfast inside the main house where the children are getting up and washing using the basin in the yard and a flask of hot water. I suggest to Stéphane that they’re only awake at this time because of us, but when David comes to pick us up to take us to the wall he also takes them to the school bus…it’s about 6:30am and there’re 6 of us in the car winding our way back down the narrow lane.

We arrive at the visitor centre for Jinshanling and David runs to the ticket desk and bangs on the window until a guard comes and sells us 2 tickets. Once through the gates we see the signs — 1.5km to the wall…it’s a cold morning and still very windy, but the wind has blown all the fog away and the sky is a beautiful blue…it’s an amazing morning to climb the Great Wall of China!

It’s hard work to get up there, there are many steps and it’s quite steep, but we’re so motivated that we don’t want to stop for a pause on the way, by the time I get to the top I am worn out, but totally blown away. It’s stunning and there is no-one else here. It’s our own, personal Great Wall of China!

As we walk along the wall, accompanied by the rising sun, we realise how privileged we are and tell each other to remember these moments.

There are parts of the wall that have been rebuilt and others that are in need of renovation where the stone slabs on the floor are worn away or loose and the walls themselves have fallen down. The path is rarely even and sometimes the slope is so steep that we wonder why they hadn’t put steps here instead – in the snow in winter it must be so dangerous! The wall winds on forever across the hills in front of and behind us…we lose sight of it as we try to follow its path with our eyes!!

At one point we come across a group of about half a dozen photographers. They are enjoying themselves taking photos of each other and of the wall. One of them stops us to talk to us, he speaks very good English and clearly is happy to practice it with some Europeans.

After about an hour and a half we decide to stop for a break after a particularly steep climb. Just as we do I spot two people on top of the tower next to us. It’s Christian and Michael. This is where they spent the night, on the windy roof of this “Flower Tower”. They look tired, but they are happy that their plan worked. I’m impressed that they managed to walk here with their big backpacks!

We complete our walk and head back down to a different visitor centre to meet David who is waiting to take us back to the bus. It’s all over too quickly. It feels like a dream.

9 reflexions sur “On a marché sur la Muraille (2/2)

  1. Ysis

    Vraiment superbe cependant j’ai un peu le vertige quant aux marchés de ces nombreux escaliers qui s’étendent à perte de vue et que dire de l’effort physique à fournir
    asthmatiques s’abstenir 😀😀
    Gros bisous papa maman

  2. yvette

    (pardon c’est parti avant la fin de mon message)

    stupéfiantes photos c’est en effet à couper le souffle au sens propre comme au figuré

    belle continuation

    bisous

    1. Susie

      Coucou Yvette, merci pour tes commentaires. C’est vraiment un endroit magnifique et on en parle encore même si ça fait plusieurs jours maintenant. Aujourd’hui nous sommes maintenant dans une autre region montagneuse et on va aller faire de la randonnée demain.
      Bisous

  3. Sébastien

    Un petit mot pour vous dire que je vous lis avec assiduité depuis quelques jours…
    Merci pour les photos et les écrits ! C’est super sympa !

    Je vois que vous avez bien profité de la muraille, en très petit comité, et c’est bien ça la meilleure façon d’en profiter !

    Très bonne continuation, nous pensons bien à vous…
    Les amiénois…

    1. Steph Auteur de l'article

      Salut Sébastien ! Salut les amiénois ! Merci pour ton commentaire, ça fait plaisir 😉 Oui, la muraille c’était top… dire que depuis on a vu tant d’autres choses et qu’on est arrivé au Laos cet aprè-midi, en plein festival bouddhiste, c’est énorme ! J’espère que tout va bien pour vous.
      Par contre on est en galère avec le blog, avec des période d’indisponibilité et des lenteurs pas possibles alors que tout allait bien jusqu’à là. Or ce n’est pas au Laos, ni ailleurs, qu’on a envie de passer des heures à debugger des pages, ou essayer de comprendre pourquoi wordpress s’est mis à déconner ou échanger avec le support OVH. Apparemment on aurait du trafic redirigé vers une adresse ip : 178.237.36.57 sans savoir pourquoi… Enfin, j’espère qu’on va régler ça vite parce que ça devient un stress inutile.
      Merci encore pour le petit coucou et à très bientôt, du Laos ou d’ailleurs 😉